Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Enfin la vérité

dimanche 16 mars 2008 par Michel Sercan

Synthèse du travail de mémoire, reconstitution de l’opération nazie

 Deuxième destination chez LASJUNIES

De là, les Allemands, conduits par DOUMIC leur otage, foncent chez LASJUNIES. Mme Bruno POLONI (Ex Mlle Jeanine LASJUNIES, citée par La Nouvelle République du 4/10/1944) se souvient parfaitement des évènements. Voici son témoignage reçu en novembre 2004 :

Nous étions encore à table ce 7 juin 1944 avec Mme CARRITA et sa fille, qui était venue nous aider à épamprer la vigne, quand vers 14H-15H est arrivé Louis MOYNIÉ. Il venait nous informer de l’investissement du village par les Allemands. Aussitôt mon père a décidé de partir travailler avec sa paire de vaches à la vigne hors de vision de la ferme. Il doit ainsi sûrement à Louis MOYNIÉ d’avoir échappé aux boches.

Un véhicule est arrivé peu de temps après à notre domicile, en sont descendus les Allemands. Elle se souvient de l’extrême pâleur de DOUMIC dans la voiture.

Avec ma mère, alors enceinte de ma future sœur, madame CARRITA et sa fille, nous avons été sommées de dire où était le père terroriste possédant une arme. Nous ignorions qu’il possédait une arme et puisse appartenir à un groupe de résistants. J’affirmai que mon père n’avait pas d’arme et qu’il était parti travailler on ne savait où, un Waffen SS énervé me « colle » sous les yeux une page de cahier d’écolier, en prenant soin de ne laisser apparaître qu’une ligne – les autres restant cachées par ses mains - où est manuscrit en écriture attachée le nom « LASJUNIES » et en face « mitraillette ».

Pendant que terrorisées nous sommes gardées sous la menace d’une arme, ma mère est brutalement conduite à l’intérieur de la maison pour une fouille à la recherche de la mitraillette.

Je me rappelai alors, qu’en prévision d’une « battue au sanglier » mon père conservait dans sa chambre des cartouches dans une boîte en métal sur le dessus de l’armoire. Armoire très haute, sur le dessus de laquelle on ne pouvait accéder même avec une chaise et qui frôlait le plafond. Je garde en mémoire la peur de cette découverte, qui imaginai-je, aurait été catastrophique pour nous. Les Allemands repartiront sans avoir rien trouvé. Aussitôt partis, je me suis précipitée dans la chambre, me suis constituée un échafaudage, ai récupéré les cartouches et le cœur battant ai été les jeter dans le puits en contrebas de la maison.

Pendant ce temps, madame CARRITA est partie à la vigne informer mon père de la venue des boches chez nous, et a ramené les vaches.

Mon père n’est revenu à la maison, qu’après la libération d’AGEN, deux mois plus tard environ. Il était parti vers ST ROMAIN se réfugier auprès d’un oncle de MAINGUET, car telle devait être la consigne en cas de problème. Oncle, ami de notre famille, qui est revenu plusieurs fois à la maison chercher de la nourriture pour mon père.

Il doit être l’un des rares, sinon le seul, porté sur « la liste que j’ai vue », à avoir échappé à l’exécution, grâce à Louis MOYNIÉ d’abord et Mme CARRITA ensuite. L’arme je n’ai jamais su où elle était.


Portfolio

Récit de l'instituteur Récit de l'instituteur La Nouvelle République 4 10 44 1re partie La Nouvelle République 4 10 44 2e partie Epicerie après la tragédie

Documents joints

14 mars 2008
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1.4 Mo

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