Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Récit de Paul DENIS

lundi 31 mars 2008 par Michel Sercan

Résistant présent à La Clotte lors de l’attaque par les S.S. Manuscrit qu’il a rédigé sur son parcours patriotique

ainsi revoir ma famille pendant quelques minutes. Gervaise retourna chez elle à Paris en décembre où j’allais en permission huit jours en janvier 1944. Je venais d’être nommé Chef d’Equipe. En rentrant au camp, de mauvaises nouvelles circulaient. On prétendait que nous allions être transplantés en Allemagne. Je m’apprêtais donc à déserter comme beaucoup de mes camarades. Le 31 Juillet effectivement, les Chantiers étaient dissous mais j’étais versé au groupe liquidateur du mouvement 29. Ne servant donc les allemands en rien, je me décidais à rester et aidais mes camarades à partir en leur fournissant de faux papiers. Nous déménagions et quittions Pissos pour Commensacq à 20 kilomètres. Je venais en permission à Agen le 5 Février et donnais mon adhésion au nouveau mouvement de résistance formé par l’Abbé Frischmann et Streiff. Revenu au camp le 7, je tombais malade d’une congestion pulmonaire qui dura six semaines. A la fin du mois de mars, je partis en permission de 48 heures à Paris où je retrouvais Gervaise en bonne santé et pleine de courage. Au cours des nombreuses permissions que je m’octroyais en avril, j’arrivais à maintenir le contact avec mon groupement de résistance, désolé d’ailleurs de ne pouvoir leur apporter un concours plus effectif.

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Le 10 Avril, je fus versé en qualité de Comptable à l’Organe liquidateur du Groupement 29 tandis que mes camarades se transformaient en Détachement Forestier numéro 3. Le 19 avril, l’Organe liquidateur quittait Commensacq pour Casteljaloux à 60 kilomètres d’Agen. Le 20 se passa dans notre organisation des bureaux. Mais une grave aventure se préparait. Le 20 au soir, je me couchais au bureau avec mon camarade André Buillit. Le 21 à 7 heures du matin, j’attendis un bruit de pas terrible dans les bureaux avoisinants. Je me lève de suite lorsque l’on frappe à la porte. Je n’eus pas le temps de répondre que la porte volait en éclats, abattue à coups de pieds. Je vois deux énergumènes en civil, mitraillette au poing qui nous regardent en ricanant. J’eus l’idée qu’il s’agissait de maquisards et j’étais sur le point de me faire reconnaître lorsque j’aperçus sur leur bras le brassard « Armée Allemande ». Ces deux bandits nous firent habiller mais nous empêchèrent d’emporter quoi que ce soit, pas même notre casse-croûte qu’ils avalèrent sous nos yeux. Puis ils nous firent sortir et nous enfermèrent dans une autre salle où nous eûmes le plaisir de nous retrouver avec un grand nombre de camarades qu’ils ramassaient un peu partout. C’est alors que je me rendis compte de la situation vraiment très grave. Le camp était cerné par deux rangées de soldats allemands armés de mitraillettes, tandis qu’aux quatre coins se trouvaient 4 postes de mitrailleuse légère. Sur les routes d’accès, des barrages. Lorsque le groupage fut terminé, on nous bourra dans trois salles avec à l’intérieur de ces civils mitraillettes au poing et des soldats devant

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