Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Récit de Paul DENIS

lundi 31 mars 2008 par Michel Sercan

Résistant présent à La Clotte lors de l’attaque par les S.S. Manuscrit qu’il a rédigé sur son parcours patriotique

portes et fenêtres. Tenter de s’échapper eut été une folie et une mort certaine. Sur ce, les brutes fouillèrent les bureaux déchirant à ma grande stupéfaction, les portraits de … Pétain. Il était plus de dix heures et nous étions toujours dans la même situation, sans savoir pourquoi ni ce que nous allions devenir. Je me décidais à interroger ces Messieurs, quitte à me faire remettre en place et j’appris des choses intéressantes que je communiquais par la suite à mes Chefs de la Résistance. J’appris entre autres qu’ils avaient fait la campagne de Russie dans la LVF, qu’ils venaient de Toulouse où ils avaient leur siège, qu’ils étaient fatigués ayant déjà mené des opérations la nuit précédente, qu’ils n’étaient décidés qu’à ces genres de coups durs et enfin qu’il s’agissait d’une vaste opération de police. De peur de faire découvrir, je ne demandais plus rien et attendis les évènements. Vers midi on nous fit sortir dans la cour et on nous distribua quelques vivres avec défense d’y toucher. Puis les brutes se déchainèrent sur le camp, déchirant les cartes de France, brisant les vitres. C’est un spectacle inoubliable ! A 13 heures on nous embarqua dans des camions. Je montais dans un autocar qui portait comme une invitation l’écriteau Silesia-Express. Après avoir été comptés des sentinelles furent placées à l’intérieur et on démarra pour une destination inconnue. En quittant Casteljaloux, nous eûmes la prétention de faire des signes d’adieu à la population

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Mal nous en pris car quelques coups de crosses nous firent bien vite calmer. Finalement nous arrivons à Bazas en Gironde où on nous débarqua dans un vaste camp cerné de sentinelles. On nous fit passer devant une dactylo qui prit nos noms et qualités. Puis on remonta en camion et en route, direction Bordeaux où nous sommes déposés à la célèbre prison du fort du Ha. On contrôle nos cartes d’identité et on nous parque en cellules. Je me trouvais pour ma part dans une chambre de 7m de long sur 5m de large, avec pas moins de 51 autres camarades. Les fenêtres muraient ne donnaient que très peu de lumière, pas d’électricité, pas de lits, pas de chaises, pas de table, les 4 murs et trois brins de paille à terre. Dans un coin, un seau pour nos besoins. Sur les murs des inscriptions de malheureux comme nous « Jean et Antoine de Brest du 3 Juillet au 12 Août et après ? » C’est tout notre domaine et ces mots « et après » marquaient si bien nos pensées. Il était 7 heures du soir. A manger ? rien, les vivres touchées nous avaient été volées avec nos sacs. A boire rien. Défense de fumer, de jouer aux cartes, de chanter, bref la mort lente. Le 22 Avril, la porte de la cellule s’ouvrit à 8 heures du matin. Deux brocs d’eau, pas de verre, pas de quart, une vieille gamelle rouillée pour 52. On boit un peu pour se tenir l’estomac. Voici midi, deux brocs d’eau et de même à 7 heures du soir. On dort peu quand

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