Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Récit de Paul DENIS

lundi 31 mars 2008 par Michel Sercan

Résistant présent à La Clotte lors de l’attaque par les S.S. Manuscrit qu’il a rédigé sur son parcours patriotique

on est si triste et pas de couvertures. Le 23 Avril à 8 heures on nous apporta un de café ( ?) chaud. Enfin, mais pas de pain, rien. A 11 heures 300 grammes de pain et un peu de confitures. Ce fut tout. Vers midi cependant on nous fit sortir et on nous embarqua dans les camions. Les pessimistes voyaient l’Allemagne, les optimistes la délivrance. Ce fut de nouveau Bazas où on nous interna. Mais enfin on voyait clair, on pouvait respirer, s’étendre, marcher, causer, fumer et manger surtout. Le 24 Avril, premier interrogatoire. Nom, prénom, date et lieu de naissance, profession, nationalité, religion. La carte d’identité était gardée pour examen. Mon cas fut jugé plus sévèrement. Vous êtes lorrain - oui. Vous savez l’Allemand - très peu. Que fait votre père ? – commerçant. Où - à Agen. Depuis quand – 1941. Êtes-vous de sang allemand ? – non de sang français. Mais vous êtes lorrain ? – oui. Alors vous êtes de sang allemand ? – non d’ailleurs mon nom est- il germanique ? Bouche bée, le SS s’arrêta là. Le lendemain on me demanda si je connaissais un mouvement de résistance. Je répondis que je ne m’étais jamais mêlé de politique et que je ne demandais qu’à rentrer chez moi. S’ils avaient su… C’est sur ce ton que reprirent trois autres interrogatoires dont l’un eut pu me couter très cher. J’avais dans mon portefeuille un faux certificat de libération et une fausse

Page 11

carte d’identité dont je ne voulais me dessaisir à aucun prix. J’aperçois subitement que le boche réclame au camarade me précédant son portefeuille et qu’il le fouille. J’eus peur je l’avoue. Que faire ? Lorsque ce camarade sort, je lui glisse mon portefeuille. Au cours de l’interrogatoire, on me le demande effectivement. Je me tâte, je me fouille, j’ai du l’oublier dans ma chambre. Allez le chercher. J’y vais et le ramène vide. Tout se passa bien jusqu’au 1 Mai à 10 heures du matin où on nous réunit et on nous classa en suspects et libres. Je fus classé suspect à interner à Bordeaux. Je me payais de culot et en demandais les raisons à l’officier. Je discutai si bien que je fus rayé de la liste avec 5 autres camarades et à 5 heures du soir j’étais à Casteljaloux. Mais 170 camarades partaient pour l’Allemagne où on ne sait pas ce qu’ils sont devenus. Je partis immédiatement en permission de 48 heures, me fis porter malade, et ne rejoignais plus le camp. En rentrant à Agen, j’appris que Monsieur Jacob et Blasy avaient été emmenés au camp de concentration de Buchenwald. Je reprenais ma place dans la résistance et apprenais vers le 12 mai que le débarquement était fixé pour la lune au 6 Juin. C’était un secret d’importance qui fut bien gardé.

Page 12


Portfolio

Page 1 Page 2 Page 3 Page 4 Page 5 Page 6 Page 7 Page 8 Page 9 Page 10 Page 11 Page 12 Page 13 Page 14 Page 16 Page 17 Page 18 Page 19 Page 20 Page 21 Journal LA PATRIE 20 10 1945 Page 1 Journal LA PATRIE 20 10 1945 Page 2 Extrait du journal LA PATRIE George STARR alias Hilaire
Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 142497

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Récits des résistants   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.23 + AHUNTSIC

Creative Commons License