Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Récit de Paul DENIS

lundi 31 mars 2008 par Michel Sercan

Résistant présent à La Clotte lors de l’attaque par les S.S. Manuscrit qu’il a rédigé sur son parcours patriotique

ver à toute allure quatre voitures légères et 2 camionnettes remplies de soldats. Le convoi s’arrête devant les fermes. Une partie des troupes coupa au court à travers champs et ouvrit le feu, l’autre se dirigea tout droit sur le château. Les mitraillettes claquèrent de part et d’autre mais il fallait évacuer la position : nous n’étions que 8 contre cette horde. Je rentrais au château pour prévenir tout le monde mais tous étaient partis. Je sautais par une fenêtre sur la terrasse me dirigeant vers le chemin de droite. Mais à ce moment, le premier boche arrivait sur la terrasse et ouvrait le feu sur moi à 25 mètres. Je ne fus pas atteint et disparus dans les broussailles. Je traversais la forêt vers Bon Encontre mais trop tard, les Allemands y étaient. Revenant sur mes pas, je retrouvais les boches à mon point de départ, puis perdant la tête et errant à travers bois, je retrouvais Frischmann dans la même situation que moi, en lisière nord de la forêt. Inutile d’ajouter que tout ce temps les coups de feu s’échangeaient. Arrivant près des champs de blé, pas de Coches à moins de 100 mètres. Nous y rampons et nous éloignons de l’encerclement. Deux camarades étaient tués Mazeau près des cuisines et Goerig près des fermes, les autres étaient saufs. Les boches avaient 2 tués et 12 blessés (rapport de la Gestapo d’Agen à Toulouse). Ayant ainsi échappés, il fallait s’éloigner au plus vite, nous dégringolâmes la colline en nous cachant derrière les bosquets d’un petit ruisseau à sec, puis traversions la vallée à ter-

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rain découvert, la distance nous le permettait déjà. Arrivés enfin sur le plateau de Cassou nous étions saufs et prenions un peu de temps pour examiner la situation. Nous repartîmes vers St Ferréol où je demandais à Madame Bouillé de prévenir les camarades de Bon Encontre. Elle fit la commission et sauva les autres de la mort. Ce devoir accompli, nous errâmes sur le plateau mais nous finîmes par nous perdre et nous retrouver au pied du château en flammes. Nous fîmes donc demi tour à vive allure et nous étant reconnus arrivâmes à Saint Amans où nous voulions demander asile pour la nuit au Curé. Nous attendions le Curé absent, lorsque j’eus cette impression de danger qui me tenait depuis deux jours. J’en fis part à Frischmann et décidions de nous éloigner. Bien nous en prit car peu de temps après les SS arrivèrent pour enquêter. Nous partîmes donc de nouveau rejoindre le groupe de Mainguet à St Pierre de Clairac à 15 kilomètres de là. Nous étions arrivés à 5h du soir lorsque les Coches arrivèrent. Nous filions à Puymirol à 3kms de là. Il y eut 10 morts à St Pierre. Nous étions malheureusement arrivés trop tard, mais comment supposer que nous étions vendus à ce point. Nous ne restions pas à Puymirol et filions à Ste Croix à 10kms chez l’Abbé Lapierre qui nous reçut à 9 heures du soir. C’est ainsi que se termina cette funeste journée mais non point mes aventures patriotiques.

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