Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Récit de Paul DENIS

lundi 31 mars 2008 par Michel Sercan

Résistant présent à La Clotte lors de l’attaque par les S.S. Manuscrit qu’il a rédigé sur son parcours patriotique

Le 8 juin à 13heures je quittais Sainte Croix pour gagner Agen et rassurer mes parents sur mon sort. Je suivis le canal pour ne pas avoir à prendre les routes. Je marchais donc le long du canal lorsque je m’aperçus avec effroi que je longeais également les voies de chemins de fer, or elles étaient depuis le débarquement fréquemment parcourues par des patrouilles allemandes. Ce n’était pas le moment de tomber dans leurs mains. Je prenais donc mes jambes à mon cou et gagnais l’autre rive au plus vite par la prochaine écluse. Je n’avais pas fait 100 mètres qu’une patrouille boche passait de l’autre côté. J’arrivais finalement sans encombres à Agen où on avait annoncé ma mort à mes parents. Je trouvais ma fiancée à la maison et avec quelle joie ! Dès le lendemain, ne sachant pas quels étaient les renseignements que pouvait avoir la Gestapo sur mes activités, je quittais la maison et me cachais pendant 4 jours. Puis aucune visite de la Gestapo n’ayant eut lieu, j’estimais que je n’avais pas été vendu et je rentrais à la maison, reprenant même mon travail au Service des Réfugiés. J’appris alors que Streiff avait été arrêté le 7 au matin, avant l’attaque donc, ainsi que Esch, Guichard et Jacques. Du coup la question de ma propre sécurité se reposa. J’allais prendre conseil de Monsieur Dortel, Chef de la résistance lorraine pour tout le Sud-ouest. Il me dit de rester tranquillement à mon poste, il se chargeait de faire une enquête pour savoir si j’avais été donné. Quelques jours après, il me fit venir et me confirma que je n’avais rien à craindre dans l’immédiat mais que je devais faire très attention cependant, car il se pouvait que les allemands préparent une rafle monstre. Le 20 Juin, alors que je travaillais au bureau, on vint

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me prévenir que Streiff venait d’être libéré et qu’il viendrait nous voir dans l’après midi. Il vint effectivement mais il avait les bras inutilisables momentanément par suite des tortures subies. Il me confirma que la Gestapo avait mon nom et que je devais me cacher. Sur quelles conditions a-t-il été libéré ? Pour échange, par une somme d’argent assez forte, toujours est-il que ma vie était de nouveau en danger et que je devais aviser. J’allais trouver Monsieur Dortel qui refit son enquête. Je me cachais 10 jours chez Madame Blasy et 3 semaines chez Roll, au Coteau de l’Ermitage. L’enquête donna les renseignements suivants : la Gestapo connaissait mon nom mais fut dérouté par une série d’autres faux noms qui ne les mena à rien. Streiff reconvoqué à la Gestapo à ce sujet, répondit que le Denis en question était aux Chantiers de Jeunesse à Casteljaloux, ville d’ailleurs occupée par le maquis. Dès lors je pouvais réapparaitre mais avec beaucoup de prudence. Monsieur Dortel me chargea de réorganiser notre malheureux groupe mais tout cela nous avait mené au début d’Août et le 2 on m’informa que les Allemands allaient évacuer Agen le 15 à la suite d’un débarquement en Méditerranée qui devait avoir lieu le 10. Le débarquement n’eut lieu que le 15 et les Allemands disparurent le 18 au soir. J’étais sauvé mais de justesse, car les archives de la Gestapo révélèrent que celle-ci devait nous arrêter tous quelques jours plus tard.

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