Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Résumé de toute la tragédie

vendredi 10 décembre 2010 par Michel Sercan

Les Allemands qui ont pris en tenaille le lieu, arrivent pour partie d’Estieu et pour partie par St Amans. A proximité, ils arrêtent Corrado POLONI et monsieur POUMEYROL et se présentent chez Joseph RIBOURT qui habite le lieu. Il est le frère du commandant du bataillon d’Agen Michel RIBOURT, parti depuis la veille à son PC à LA CROIX BLANCHE. Il logeait depuis mars chez son frère Joseph après avoir du fuir la région de Fréjus où il était recherché par la gestapo. Selon le témoignage de Corrado POLONI, il aura fallu toute la force de persuasion et les qualités de négociateur de Joseph RIBOURT pour que les Allemands repartent sans avoir commis un nouveau forfait.

Madame CASTAGNÉ née VIDAL avait connaissance du dépôt d’armes. Elle connaissait des résistants, notamment le lorrain, Félix BARBIER, mais aussi JACQUES Eugène qui venait parfois journalier à la ferme de ses parents. Ce dernier ne jouissait pas d’une très bonne image, notamment de ses plus proches voisins à Ste Radegonde, monsieur et madame SAURIN née SIMONITTI. Ces derniers ayant été les premiers pris à partie, par erreur, par BOUBOULE et des miliciens venus pour arrêter JACQUES.

La colonne allemande quitte CASTELCULIER et va alors se diriger, toujours avec GUICHARD, vers Saint Pierre de Clairac où elle arrive vers 15H et met le village en état de siège. Ils viennent là pour arrêter Maurice MAINGUET et son adjoint Marcel JUTEAU, seuls connus de GUICHARD à St Pierre. Ils étaient, avec BALSAN, venus chez lui la veille, 6 juin, en milieu d’après-midi, récupérer l’armement destiné à leur groupe. Armes, distribuées aux résistants locaux par JUTEAU en début de nuit au lieu-dit Rougères dans la grange proche de son domicile. MAINGUET lui, était à ce moment à Laclotte en réunion avec les autres chefs des différents groupes pour prendre les instructions du Lieutenant STREIFF.

MAINGUET et JUTEAU sont ensembles dans la cuisine de l’épicerie en train de préparer les futures actions à mener. A l’arrivée des Allemands, dont le premier véhicule s’arrête précisément devant l’épicerie, Yvette MAINGUET les informe de cette arrivée, ce qui leur permet de s’enfuir.

Les Allemands trouvent hélas, laissée sur la table, une liste des résistants du groupe local avec leur véritable identité et en regard pour chacun l’arme reçue la veille (1).

Dès lors, les arrestations se multiplient, et avec Pierre DOUMIC, pris en otage, un officier S.S et quelques soldats partent vers les domiciles des répertoriés et en premier chez JUTEAU. Ce dernier qui a déjà regagné son domicile a pu faire fuir la grand’mère avec sa fille. Il essaie de s’échapper, mais est abattu, comme vient de l’être son beau-père BALSAN et leur domicile incendié.

Les rafles terminées, les armes listées en partie restituées, c’est HANACK qui, la liste en main, va désigner ceux qui vont être emmenés. Il y a là huit des futures neuf victimes supplémentaires dont six membres effectifs de la résistance locale du Corps Franc Pommiès. Au passage, est ajouté Marius BAZILLE venu de Saint Caprais de L’Herm pour informer le chef local des combats de Laclotte. Marius, lieutenant dans la résistance à Sète avait du fuir, son frère Léon ayant été arrêté, mais ne s’était pas réinvesti dans la résistance locale. Il convient aussi de préciser que parmi les neuf prochaines victimes, ni Pierre DOUMIC, otage et contraint de piloter les allemands aux divers domiciles des listés et témoin des exécutions de BALSAN -47ans- et JUTEAU -26ans-, ni le jeune Marcel CASTEX, trouvé porteur de grenades, n’appartenaient à la résistance locale.

Les neuf hommes, emmenés à la sortie du village, ont été exécutés, vers 17H, à l’endroit même où est, à leur mémoire, dressé le monument des fusillés, conçu par l’instituteur de l’époque Arthur ADER. Dans le même temps, la bâtisse épicerie/domicile MAINGUET, devant laquelle avaient été regroupées toutes les personnes arrêtées et que les Allemands font disperser, est incendiée.

(1) Voir rapport de la P.J pages 7/15 et 8/15


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